«Une opération à cœur ouvert.»

La Suisse connaîtra un rapprochement le 13 décembre prochain. La ligne diamétrale de Zurich permettra de raccourcir le temps de parcours sur les relations existantes entre l’ouest et l’est du pays d’une part, et de proposer de nouvelles relations directes d’autre part. Au cœur du projet, l’ingénieure civile Katja Nahler chapeaute l’ensemble des travaux d’aménagement à Oerlikon – une question de survie pour le réseau ferroviaire helvétique.

Nahler KatjaLa jeune ingénieure évoque son métier avec enthousiasme. «C’est pour moi l’un des projets d’envergure les plus fascinants de ces dernières années, d’abord parce que nous construisons en pleine zone urbaine. Pas de verts pâturages à l’horizon: nous nous trouvons au sein même de la plus grande ville de Suisse, au niveau du principal nœud du trafic ferroviaire national», explique-t-elle. De véritables travaux d’Hercule, l’exploitation se poursuivant sans interruption. Des trains, au nombre de 800 chaque jour, défilent à gauche et à droite. Nous sommes en quelque sorte face à une opération à cœur ouvert, qui mobilise bien souvent les équipes pendant la nuit et le week-end.

En 2008, Katja Nahler a quitté l’Allemagne et la Deutsche Bahn pour rejoindre la Suisse et les CFF. Un départ qu’elle a vécu comme une étape majeure. Outre le changement d’environnement, il fallait aussi s’imprégner d’une langue et d’une mentalité nouvelles. Mais c’est justement cette mentalité suisse qu’apprécie Katja Nahler: «En Allemagne, un projet d’une telle ampleur réunirait davantage de juristes, tandis qu’en Suisse, l’on tente de trouver une solution en rassemblant toutes les parties prenantes autour d’une même table. Cette stratégie est à la fois prometteuse et garante de plaisir au travail.» Katja Nahler est persuadée que c’est également grâce à cette démarche que le budget et l’échéancier prévus pour ce projet gigantesque de ligne diamétrale de Zurich ont pu être respectés.

La route de Zurich Altstetten à Zurich Oerlikon est en train d’étre agrandie sous une grande pression. Elle doit être prête pour le changement d’horaire le 13 décembre 2015.

Aucune marge de manœuvre.

Quatre minutes séparent Oerlikon de Zurich gare centrale, la durée du voyage ayant déjà été réduite l’année dernière. La quasi-totalité du pays pourra en profiter à compter du mois de décembre. Vingt-cinq ans que l’horaire n’avait pas fait l’objet d’un changement aussi radical. Mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir d’ici là, le tout sans marge de manœuvre. «Le changement d’horaire interviendra le dimanche 13 décembre. Cette date a été fixée à l’échelon européen – nous n’avons donc pas notre mot à dire. Si les huit voies d’Oerlikon doivent être mises en service le 13 décembre, elles le seront, un point c’est tout», déclare Katja Nahler. La responsable de tronçon est consciente de ce défi, donnant l’impression qu’en cas de modification inattendue, elle ne se ferait pas le moindre cheveu blanc. «L’hiver très doux a été du pain bénit. Avant Pâques, nous avons toutefois dû suspendre les travaux de construction quelques jours en raison d’une tempête. Au moment où je vous parle, j’ignore comment nous allons rattraper ce retard, mais nous y parviendrons», affirme-t-elle.

«Une opération à cœur ouvert.» Par jour, environ 800 trains passent le chantier.

Le temps partiel: une chance.

Selon Katja Nahler, son principal défi ne réside pas dans la construction, mais dans sa vie personnelle. Lorsqu’elle s’est vu proposer la fonction de responsable de tronçon l’année avant dernière, nombre de questions se sont bousculées dans son esprit. Vais-je pouvoir mener à bien cette mission? Est-elle réalisable à temps partiel? Au premier abord, un temps partiel semblait presque inenvisageable. Par la suite, l’ingénieure civile s’est bien établie et a également trouvé son rythme de croisière. «Je travaille trois jours par semaine au bureau et une journée à domicile. Je consacre le reste de mon temps à mon fils de quatre ans. Cependant, les journées de travail sont souvent longues. Une entreprise est toujours gagnante lorsqu’un cadre dirigeant occupe son poste à temps partiel. J’ai en effet des objectifs de projet à atteindre. Mais le temps partiel me permet aussi de définir mes limites. Concilier une activité professionnelle passionnante et ma vie de famille: voilà pour moi un avantage de poids», déclare-t-elle.

Un temps fort de sa carrière.

L’inauguration de la gare de la Löwenstrasse et du tunnel du Weinberg l’été dernier a marqué un point culminant dans la carrière de l’ingénieure civile, d’autant plus qu’elle était alors cheffe de projet dans la gare souterraine. Néanmoins, Katja Nahler est redevenue ingénieure à part entière: «Je suis bien obligée d’admettre que les chantiers exercent une fascination sans commune mesure sur nous, les ingénieurs. Aujourd’hui, il ne s’agit plus que d’une gare achevée.»

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Diplômée en génie civil, Katja Nahler a également suivi une formation complémentaire en Industrial Management. De 2002 à 2007, elle a œuvré en tant que cheffe de projet et planificatrice au sein de la Deutsche Bahn. Employée aux CFF depuis 2008, elle y a notamment travaillé en qualité de cheffe de projet de la nouvelle gare de la Löwenstrasse à Zurich. Elle dirige actuellement l’un des quatre tronçons de la ligne diamétrale de Zurich et répond de l’ensemble des travaux d’aménagement à Oerlikon. Âgée de 36 ans, Katja Nahler a un fils de quatre ans.

 

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