La journée «Bauhöck», lieu de rassemblement des ingénieures des CFF.

Depuis 2005, les ingénieures et collaboratrices scientifiques des CFF se rassemblent dans le cadre des journées «Bauhöck». Trois fois par année, elles se rencontrent pour discuter de leur travail, du quotidien des femmes dans le monde des professions techniques et de la conciliation entre vie professionnelle et famille.

Les ingénieures et collaboratrices scientifiques effectuent des visites mutuelles sur leurs chantiers ou échangent des connaissances spécialisées dans le cadre d’exposés. Selon le lieu et le thème, on compte jusqu’à 25 participantes par journée. Lors d’une rencontre «Bauhöck», les participantes visitent les chantiers de projets en cours ou mettent leurs connaissances au goût du jour en assistant à des exposés spécialisés.

Delia Harder avec certains de ses projets.
Delia Harder avec certains de ses projets.

Delia Harder, ingénieure électricienne, travaille aux CFF à temps partiel avec un taux d’occupation de 70%. Mère de deux enfants, elle participe régulièrement aux journées «Bauhöck». Dans l’interview ci-après, elle raconte son quotidien professionnel et explique comment elle parvient à concilier vie professionnelle et vie privée.

Delia, quelle a été votre carrière aux CFF?

J’ai commencé ma carrière aux CFF il y a six ans, en qualité de Business Analyst au sein de la division Voyageurs. Je travaille à présent depuis deux ans et demi en tant que cheffe de projet et gestionnaire de sous-programme dans le cadre du programme «Économies d’énergie» de la division Infrastructure. À ce titre, je développe au sein de mon équipe de nouvelles mesures visant à économiser des énergies aux CFF. Nous travaillons actuellement sur une solution permettant d’analyser avec davantage de précision la consommation d’énergie des trains.

Qu’est-ce qui rend le poste d’ingénieure aux CFF particulièrement attrayant?

Les ingénieures et collaboratrices scientifiques des CFF effectuent des visites mutuelles sur leurs chantiers ou échangent des connaissances spécialisées dans le cadre d’exposés.
Les ingénieures et collaboratrices scientifiques des CFF effectuent des visites mutuelles sur leurs chantiers ou échangent des connaissances spécialisées dans le cadre d’exposés.

Pour être franche, je n’aurais jamais cru atterrir un jour dans le milieu ferroviaire. J’apprécie les domaines d’activité variés et passionnants des CFF, qu’il s’agisse de travaux complexes de planification ou de projets concrets et orientés vers l’avenir tels que le programme «Économies d’énergie». Plus le temps passe, et plus je me rends compte de la très grande diversité des CFF. Lorsque ma présence sur le chantier n’est pas nécessaire, j’apprécie de pouvoir profiter des conditions de travail flexibles. Je travaille régulièrement à mon domicile ou en route, avec mon bureau mobile.

Pourquoi êtes-vous devenue ingénieure?

Au gymnase déjà, les mathématiques m’intéressaient et j’avais toujours de bonnes notes. Mais je ne me voyais pas travailler comme professeure de mathématiques ou actuaire. Aussi, après mon bac, ai-je choisi de commencer des études en électrotechnique, un merveilleux mélange entre mathématiques et technique. Dans mon entourage, je connaissais déjà quelques personnes qui travaillaient dans ce domaine ou qui débutaient comme moi de telles études. Cela m’a motivée. Par ailleurs, je savais que j’aurais d’excellentes perspectives de travail au sortir de mon cursus.  

Au départ, on trouve le plus souvent une gare.
Au départ, on trouve le plus souvent une gare.

Parlez-nous de vos expériences en tant que femme dans un domaine traditionnellement plutôt masculin.

Durant mes études, mes camarades hommes démontaient des ordinateurs dès qu’ils rentraient chez eux et passaient beaucoup de temps à bricoler durant leur temps libre. J’étais impressionnée et je craignais que les hommes n’aient un pas d’avance sur moi. Ce ne fut heureusement pas le cas. Par la suite également, en tant qu’ingénieure électricienne diplômée, je ne me suis jamais sentie désavantagée. Au contraire, les hommes m’apprécient en tant que collaboratrice. Il convient cependant d’avoir conscience que les ingénieures évoluent souvent seules dans un domaine plutôt réservé aux hommes.

À quoi ressemble une journée type de travail?

Heureusement, ça n’existe pas (rire). Tout dépend des projets en cours. Les possibilités sont multiples: visites de chantiers, réunions de projet ou d’équipe, planification d’études de solutions ou élaboration de documents. J’aime la diversité de mon métier. Les changements permanents au niveau des technologies nous placent par ailleurs quotidiennement face à de nouveaux défis. La collaboration interdisciplinaire et entre les différentes organisations est impérative en la matière.

Quel est le plus grand défi que présente votre profession?

Je suis préoccupée par les mêmes questions que se posent les autres femmes: comment puis-je faire carrière malgré la famille et combien de temps suis-je prête à y consacrer? Comment puis-je concilier toutes les tâches? Comment et par qui suis-je soutenue? Comment, en tant que femme, suis-je considérée et prise au sérieux dans mon métier? Je suis d’avis que, en tant que femme, il faut toujours en faire un peu plus et que nos compétences sont souvent remises en question. Grâce à leurs conditions de travail attrayantes, les CFF me permettent de concilier vie professionnelle et famille.

Der Bauhöck der Ingenieurinnen und Naturwissenschaftlerin der SBB hat bereits einige Teilnehmerinnen. Es dürften aber gerne noch mehr werden.
Les journées «Bauhöck» des ingénieures et collaboratrices scientifiques des CFF comptent déjà plus de 90 participantes. Des participantes supplémentaires sont toujours les bienvenues.

Aujourd’hui encore, peu de femmes choisissent des filières techniques pour leurs études. Selon vous, qu’est-ce qui pourrait motiver davantage de femmes à miser sur des formations techniques?

Je crois que de nombreuses femmes n’osent pas franchir le pas d’une profession technique alors même qu’elles en ont clairement les compétences. Cela peut provenir du fait qu’on sait peu de choses sur ce type de profession et que de nombreuses femmes ne connaissent personne qui partage les mêmes intérêts professionnels dans leur entourage. Il importe donc que les jeunes femmes se penchent en détail, dès le gymnase, voire plus tôt encore, sur les contenus des filières techniques. Nombreuses sont celles qui ne découvrent que durant leurs études combien les différents modules sont intéressants et diversifiés. Je recommande chaudement le métier d’ingénieure: en tant que femme, on est indépendante économiquement, on est très demandée sur le marché du travail et on peut ainsi choisir soi-même son employeur.

Delia, vous avez deux enfants. Comment conciliez-vous votre vie professionnelle et votre famille?

Je travaille à 70%. Mon partenaire bénéficie heureusement d’horaires de travail flexibles, ce qui nous permet de nous soutenir mutuellement et de répartir les tâches liées à l’éducation. Cela dit, il faut avoir un certain talent d’organisation. Qui va chercher les enfants à la crèche tel ou tel jour? Sur qui pouvons-nous compter en cas de besoin, si l’un de nos enfants est malade et doit rester à la maison? Dans de telles situations, j’apprécie tout particulièrement les formes de travail flexibles que proposent les CFF. Elles me permettent de rester chez moi sans avoir mauvaise conscience et d’y travailler jusqu’à ce que l’on trouve une prise en charge pour notre enfant malade. Disposer d’un bon environnement social ainsi que de grands-parents pouvant apporter leur aide dans la prise en charge des enfants est cependant d’un grand secours.

Êtes-vous intéressée par un poste d’ingénieure aux CFF, ou par une participation aux journées «Bauhöck»? Découvrez de plus amples informations sur notre page consacrée aux carrières et sur le marché du travail des CFF.

Delia Harder travaille à temps partiel en tant qu’ingénieure électricienne aux CFF. Elle est mère de deux enfants et participe régulièrement aux journées «Bauhöck».

 

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